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Ma Bohème
Fantaisie
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot soudain devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!
Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!
Arthur Rimbaud
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Bohemian Life
Fantasy
I went away, fists in busted pockets;
My overcoat also turned ideal;
I 'd left under the sky, Muse, and was your servant
Oh what splendid loves I've dreamed of!
My only trousers had a big hole.
Tom Thumb dreamer, I sowed verses along
The way. My inn was the Big Dipper.
My stars made a soft rustle in the sky
And I heard them, as I sat on the roadside,
Those fine September evenings where I felt drops
Of dew on my face, like a tonic;
Where, rhyming amidst fantastic shadows,
Like lyres, I pulled the galoshes off
My wounded shoes, my feet upon my heart!
translation: Scott Bodenheimer 1997
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